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[GABORONE] Les procédures compliquées en matière de propriété intellectuelle ralentissent l’innovation en Afrique, selon des chercheurs qui estiment que les « agences d’innovation » doivent contribuer à simplifier les processus et à…

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  • Les processus complexes en matière de propriété intellectuelle ne permettent pas de protéger les idées novatrices.
  • Les agences d'innovation peuvent obtenir des brevets pour renforcer l'innovation en Afrique.
  • La collaboration régionale est essentielle pour commercialiser les résultats de la recherche.

[GABORONE] Les procédures compliquées en matière de propriété intellectuelle ralentissent l’innovation en Afrique, selon des chercheurs qui estiment que les « agences d’innovation » doivent contribuer à simplifier les processus et à relier les chercheurs aux marchés.

Bien qu’elle accueille des innovateurs et des chercheurs talentueux, l’Afrique représente moins de 0,5 % des dépôts de brevets mondiaux chaque année.

La faiblesse des cadres de propriété intellectuelle et la coordination limitée entre les pays africains font que de nombreuses idées révolutionnaires ne sont pas protégées ou sont sous-évaluées.

Selon les chercheurs, les agences de l’innovation ont le potentiel de résoudre les questions complexes de propriété intellectuelle et de mettre en relation les innovateurs, les gouvernements et les entreprises pour faire avancer les choses.

Cependant, il y a souvent un « décalage » entre la sophistication ou la maturité des systèmes d’innovation et les types d’agences d’innovation que l’on trouve dans les pays africains, selon une étude présentée au forum Science Granting Councils Initiative (SGCI) le 11 novembre, à Gaborone, au Botswana.

« Cette inadéquation peut résulter de divers problèmes systémiques, notamment de l’imprécision des orientations technologiques ou sectorielles, des contraintes de capacité et des limitations du côté de la demande », explique l’étude.

Erika Kraemer-Mbula, co-auteur de l’étude qui explore le rôle des agences d’innovation dans l’amélioration de la gestion de la propriété intellectuelle pour stimuler la commercialisation, déclare que les processus actuels en matière de propriété intellectuelle peuvent être difficiles.

« Des objectifs clairs et une définition des priorités sont essentiels pour que les chercheurs et les innovateurs puissent naviguer dans le paysage souvent complexe de la propriété intellectuelle », a déclaré M. Mbula.

L’étude, financée par le SGCI, analyse les agences d’innovation dans 22 pays africains et montre les différents rôles qu’elles jouent. Elle vise à fournir un cadre aux décideurs politiques et aux agences d’innovation pour exploiter la propriété intellectuelle en tant que moteur de la croissance économique.

« L’étude … examine les rôles et les fonctions des agences d’innovation en relation avec les besoins spécifiques et la maturité du système d’innovation dans lequel elles opèrent », explique Mme Kraemer-Mbula.

Selon elle, les agences d’innovation doivent adapter leur soutien aux besoins locaux, qu’il s’agisse d’offrir une formation en matière de propriété intellectuelle, de faciliter les demandes de brevet ou de mettre les inventeurs en contact avec les possibilités de financement.

Selon les chercheurs, l’alignement des écosystèmes de recherche africains sur les meilleures pratiques en matière de propriété intellectuelle pourrait débloquer la croissance économique et favoriser l’émergence de solutions locales aux problèmes qui affectent le continent.

Caroline Ncube, professeur de droit commercial à l’université du Cap et coauteur de l’étude, estime qu’il est nécessaire de démystifier les processus de propriété intellectuelle pour les chercheurs et les acteurs économiques.

Caroline Ncube présentant l’étude au forum SGCI.

Selon elle, un cadre unifié pour la propriété intellectuelle permettra de promouvoir le commerce régional, d’améliorer la collaboration et d’harmoniser les lois sur la propriété intellectuelle dans toute l’Afrique.

« La navigation dans le secteur diversifié et non intégré de la propriété intellectuelle en Afrique présente des opportunités et des défis », déclare M. Ncube.

« Les agences d’innovation peuvent faciliter la collaboration entre les chercheurs, les innovateurs, l’industrie et les pouvoirs publics, en favorisant une approche cohérente de la gestion de la propriété intellectuelle », ajoute M. Ncube.

Toutefois, Yaya Sangare, secrétaire général du Fonds pour la science, la technologie et l’innovation de Côte d’Ivoire, estime que la fragmentation des ministères de la recherche et de l’innovation en Afrique pourrait compliquer les efforts de coordination.

« La diversité des ministères de la recherche et de l’innovation en Afrique pourrait créer des difficultés de collaboration », ajoute-t-il.

M. Sangare suggère que les agences pour l’innovation jouent le rôle de passerelles, en veillant à ce que les responsabilités interconnectées soient rationalisées pour gérer les questions de propriété intellectuelle.

Partson Chikudza, directeur exécutif du Conseil de la recherche du Zimbabwe, souligne l’importance de l’intégration régionale pour favoriser l’innovation. « Nous devons nous faire confiance pour partager nos idées et avoir la capacité de travailler ensemble et de développer des solutions innovantes qui répondent aux besoins locaux et régionaux », déclare M. Chikudza.

Cet article a été rédigé par : Jackie Opara et publié le 29 novembre 2024

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