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Les conseils subventionnaires de la science estiment que les systèmes de recherche africains ont besoin d’une appropriation africaine, d’un financement plus stable et de moins de fragmentation. Voici ce qu’ils…

Les conseils subventionnaires de la science estiment que les systèmes de recherche africains ont besoin d’une appropriation africaine, d’un financement plus stable et de moins de fragmentation. Voici ce qu’ils ont convenu à Windhoek.

Les conseils subventionnaires africains de la science ont adopté une déclaration collective à Windhoek, en Namibie, le 1er octobre 2026, dans le cadre du Forum de tous les partenaires 2026 de l’Initiative des conseils subventionnaires de la science (IOSRS).

Elle précise comment les conseils souhaitent travailler avec les gouvernements, l’Union africaine et les partenaires internationaux pour financer et orienter la science, la technologie et l’innovation (STI) sur le continent.

Les conseils subventionnaires africains de la science opérant dans le cadre de l’IOSRS en Afrique subsaharienne, ainsi que la Commission de l’Union africaine, l’AUDA-NEPAD, les partenaires de développement, les partenaires techniques et d’autres acteurs de la recherche et de l’innovation, ont formulé cette déclaration.

Elle s’appuie sur le Communiqué d’Accra et engage les conseils à contribuer à la mise en œuvre de la Stratégie de l’Union africaine pour la science, la technologie et l’innovation pour l’Afrique 2034 (STISA-2034). I

Pourquoi maintenant

Les signataires affirment se réunir à un moment charnière, marqué par l’évolution de la géopolitique, l’incertitude des financements internationaux et l’importance croissante de la diplomatie scientifique. Ils notent également que l’IOSRS entre dans une troisième phase, avec une appropriation et un leadership africains renforcés, et que cela exige une Alliance capable de transformer des priorités partagées en action coordonnée.

Un paysage de financement fragmenté

La déclaration indique que le paysage du financement de la STI en Afrique est fragmenté. Les programmes nationaux, régionaux et internationaux fonctionnent souvent en vase clos, les uns par rapport aux autres, et par rapport aux priorités et aux institutions africaines. Il en résulte, selon elle, des doublons, un accès inégal, des silos de données, des structures de mise en œuvre parallèles et des occasions manquées de collaboration et de co-investissement.

Une meilleure information sur les flux de financement peut aider, affirment les conseils, mais les données ne sont pas une fin en soi. Elles doivent étayer les décisions, influencer les politiques et renforcer la coordination. Elles doivent aussi aider les conseils à mobiliser des ressources et à négocier des partenariats depuis une position de connaissance et d’influence accrues.

Ce que signifie l’appropriation africaine

Les conseils définissent l’appropriation comme allant au-delà de la mise en œuvre de programmes conçus ailleurs. Ils indiquent qu’elle consiste à contribuer à définir les priorités, façonner les programmes, conseiller sur les instruments de politique publique, influencer les décisions d’investissement et participer à la gouvernance.

Pour agir collectivement, ils mettent en avant l’Alliance de l’IOSRS, décrite comme un mécanisme léger, dirigé par l’Afrique. Elle permettrait aux conseils de travailler ensemble lorsque cela apporte une valeur ajoutée, tout en respectant les mandats, les priorités et les contextes nationaux.

Huit engagements

La déclaration énumère huit engagements. Le premier consiste à se guider par les priorités africaines, les conseils contribuant à transformer les stratégies nationales et la STISA-2034 en actions finançables, axées sur les résultats, en matière de recherche, d’innovation et de politiques publiques.

Le deuxième consiste à renforcer les institutions africaines en développant les capacités, les systèmes et les relations dont les conseils ont besoin pour piloter et pérenniser l’investissement en STI, avec une participation significative dans différents contextes nationaux, institutionnels et linguistiques.

Sur le plan financier, les conseils s’engagent à élargir et à diversifier les sources de financement. Ils indiquent qu’ils chercheront à mobiliser et à aligner les ressources nationales, régionales et internationales, et à privilégier des approches pragmatiques de co-investissement et de financements complémentaires.

Ils s’engagent également à bâtir des partenariats équitables et durables, fondés sur une définition partagée des priorités, une gouvernance conjointe, un bénéfice mutuel, la transparence et le respect des mandats nationaux. Dans ces partenariats, les conseils seraient co-concepteurs, co-investisseurs et décideurs, plutôt que bénéficiaires de programmes définis de l’extérieur.

Le cinquième engagement consiste à améliorer la cohérence et à transformer les données probantes en action.

Les conseils indiquent qu’ils coordonneront les programmes, les investissements et les instruments de financement afin de réduire les doublons, et qu’ils utiliseront de manière responsable les informations sur le financement pour soutenir la définition des priorités, la mobilisation des ressources, le dialogue politique, la conception des programmes et le développement des partenariats.

Le sixième vise à faire progresser l’action collective pilotée par les conseils, couvrant des programmes de recherche collaboratifs, des initiatives de politique publique, le renforcement des capacités, l’apprentissage partagé et l’engagement dans les processus régionaux et mondiaux de STI. Ils indiquent qu’ils traduiront ces engagements en un plan de travail ciblé, piloté par les conseils, avec des responsabilités claires, des résultats attendus et des mécanismes de suivi.

Les deux derniers engagements portent sur les nouvelles technologies et les savoirs locaux. Les conseils indiquent qu’ils défendront l’adoption responsable des technologies de pointe et émergentes, telles que l’intelligence artificielle, afin de faire progresser la STI, renforcer la résilience et positionner l’Afrique comme un leader mondial du développement fondé sur la connaissance.

Ils indiquent également qu’ils soutiendront la protection, la préservation et l’utilisation responsable des systèmes de connaissances autochtones afin de faire progresser l’innovation inclusive et le développement durable.

Ce qu’ils demandent aux autres

La déclaration interpelle également quatre groupes. Il est demandé aux gouvernements africains d’assurer des investissements plus prévisibles dans la recherche et l’innovation, de renforcer les mandats et les capacités institutionnelles des conseils, et de les associer comme partenaires stratégiques de l’action nationale et continentale en STI.

Il est demandé à la Commission de l’Union africaine, à l’AUDA-NEPAD, aux communautés économiques régionales et à d’autres institutions africaines d’associer les conseils comme partenaires de mise en œuvre de la STISA-2034 et d’améliorer la cohérence entre les initiatives continentales, régionales et nationales.

Il est demandé aux partenaires internationaux, philanthropiques et multilatéraux d’associer les conseils dès le début de la définition des priorités et de la conception des programmes, d’aligner les investissements sur les priorités nationales et la STISA-2034, de soutenir une gouvernance conjointe, et de renforcer les institutions africaines établies plutôt que de créer des mécanismes parallèles.

Enfin, il est demandé aux chercheurs, aux universités, au secteur privé, aux innovateurs, à la société civile et aux communautés locales de travailler avec les conseils pour identifier les priorités, co-créer des solutions, transformer les connaissances en action, et veiller à ce que la recherche et l’innovation répondent aux besoins sociétaux et produisent une valeur publique tangible.

Depuis Windhoek : quatre évolutions

La déclaration se conclut par quatre évolutions que les conseils indiquent que l’Alliance impulsera : passer d’efforts fragmentés à une plus grande cohérence, de la participation à un leadership partagé, de projets à court terme à des institutions durables, et de déclarations d’intention à une action coordonnée.

Le succès, indiquent-ils, se mesurera aux structures, plateformes et outils qu’ils créeront, mais aussi à leur impact : un leadership renforcé des conseils de STI, un meilleur accès des institutions africaines aux ressources et à la prise de décision, et des investissements répondant mieux aux priorités et aux besoins de développement de l’Afrique.

Lire la déclaration complète ici : https://forum.sgci.africa/communique

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Publié le 9 octobre 2026

Par Jackie Opara-Fatoye

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